Moncef Mzabi

La gestion des ressources naturelles en Tunisie

La Tunisie possède un patrimoine naturel considérable encore insuffisamment valorisé. Ses gisements de phosphates, de pétrole et de gaz, associés à d’abondantes ressources minières ainsi qu’à un potentiel remarquable en énergie solaire et éolienne, représentent des atouts majeurs pour stimuler la relance économique, diversifier les sources de richesse et amorcer une transition énergétique pérenne. Néanmoins, malgré cette abondance, leur impact sur le développement du pays demeure en deçà  de leurs capacités réelles.

Valoriser ses richesses naturelles pour un développement durable

Le soleil et le vent tunisiens figurent parmi les plus abondants du pourtour méditerranéen. Pourtant, les énergies renouvelables ne couvrent encore qu’une faible part de la production nationale, estimée entre 3 et 6%. L’objectif fixé d’atteindre 30% d’ici 2030 reste ambitieux, mais réalisable à condition d’adopter une planification territoriale cohérente, de dynamiser les projets photovoltaïques d’envergure, à l’image de ceux de Kairouan et Tataouine, et de renforcer les partenariats entre le secteur public et les investisseurs privés dans un cadre de transparence accrue.

Pour l’économiste Jihad Ben Brahim, la véritable clé de meilleure rentabilisation des ressources réside dans la réforme de la gouvernance du secteur extractif. Celui-ci souffre encore d’un manque de clarté dans les contrats, de retards dans la mise en œuvre des projets et d’une coordination insuffisante entre l’Etat, les régions et les populations concernées.

L’expert plaide pour une adhésion pleine à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la publication systématique des accords miniers et pétroliers, ainsi qu’une implication accrue des collectivités locales dans la gestion de ces richesses. Selon lui, exporter des matières premières brutes, comme le phosphate ou le pétrole, prive le pays d’une part essentielle de valeur ajoutée.

Il appelle donc à une stratégie de transformation locale, passant par la création d’industries chimiques autour du phosphate, engrais, acide phosphorique, et la mise en place d’unités de raffinage sur le sol tunisien. A Gafsa, il suggère de développer des écosystèmes industriels intégrés dédiés à la valorisation des minerais tels que le fer, le plomb ou le zinc. Cette approche, estime-t-il, permettrait non seulement d’accroître les revenus nationaux, mais aussi de générer des milliers d’emplois dans les régions minières.

Ainsi, la Tunisie dispose des ressources naturelles et du potentiel énergétique nécessaires pour bâtir une économie plus résiliente. Il reste désormais à transformer ces atouts en moteurs de développement durable, fondés sur la transparence, la valorisation locale et une vision industrielle à long terme.

La situation économique tunisienne pour l’année 2025

Au début de l’année 2025, la Tunisie a su maintenir le cap malgré un environnement mondial incertain et des pressions économiques persistantes. Les premiers mois de l’exercice témoignent d’une économie qui résiste, portée par des signes encourageants : un rythme de croissance en amélioration, une inflation en repli et une appréciation de la notation souveraine, comme le souligne le rapport du ministère des finances sur le budget 2026. Ces résultats traduisent la capacité du pays à s’adapter et à préserver une certaine stabilité dans un contexte encore fragile. Toutefois, cette dynamique appelle à un engagement renouvelé pour soutenir les filières en perte de vitesse et stimuler un développement plis inclusif, apte à consolider les progrès déjà accomplis et à poser les bases d’une croissance durable.

La croissance économique     

La Tunisie en 2025 a connu une reprise mesurée, marquée par une progression de 2,4% de son activité économique. Les estimations des comptes nationaux indiquent qu’entre avril et juin, le PIB réel a progressé de 3,2% sur un an et de 1,8% par rapport au trimestre précédent, traduisant une accélération du rythme de croissance. Ce redressement s’appuie principalement sur la vitalité du secteur agricole, dont la valeur ajoutée a fortement augmenté, contribuant de manière décisive à la performance globale. Les services ont également conservé une dynamique stable, confirmant leur rôle d’amortisseur dans la conjoncture actuelle. Parallèlement, l’industrie affiche une amélioration appréciable, soutenue par la relance progressive de plusieurs branches productives. Ensemble, ces évolutions mettent en évidence une économie en phase de consolidation, où la reprise demeure encore fragile mais orientée vers un renforcement graduel de bases de croissance.

Le déficit budgétaire

Les estimations pour 2025 font ressortir un déficit budgétaire équivalant à 5,7% du PIB, dans un cadre marqué par la maîtrise des dépenses publiques et une évolution modérée des recettes fiscales. Les efforts engagés pour contenir la masse salariale et rationaliser les subventions devraient porter leurs fruits au cours des prochaines années. D’ici 2027, le solde des finances de l’Etat pourrait ainsi s’améliorer pour s’établir autour de 4,4% du PIB, traduisant une gestion plus efficiente des ressources publiques. L’endettement national amorcerait également une légère décrue, atteignant environ 83,6% du PIB, contre 84,5% en 2024, signalant une orientation budgétaire plus soutenable. Sur le plan extérieur, le compte courant enregistrait un déficit de 2,7% du PIB en 2025, conséquence d’un accroissement des importations, partiellement compensé par la vigueur du tourisme et la baisse des prix énergétiques. A l’horizon 2027, ce déséquilibre pourrait s’étendre modérément, avoisinant 3,1% reflet d’un ajustement encore progressif des équilibres externes.

Les perspectives économiques

Les perspectives économiques pour la période 2026-2027 demeurent entourées d’incertitudes, plusieurs facteurs pouvant peser sur la trajectoire de la croissance. A court terme, la volatilité du commerce mondial, la contrainte des financements extérieurs et la persistance de la sécheresse risquent d’affaiblir les performances économiques et d’accentuer les déséquilibres internes. A plus long terme, une amélioration tangible reste toutefois envisageable si ces réformes structurelles ambitieuses sont engagées. Le renforcement de la discipline budgétaire, la modernisation des entreprises publiques et la dynamisation de la concurrence sur les marchés locaux constituent des conditions essentielles pour consolider la stabilité macroéconomique, stimuler l’investissement et soutenir une croissance plus solide et durable.

Le marché des produits bio en Tunisie

En Tunisie, les produits issus de l’agriculture biologique connaissent une croissance soutenue. L’évolution progressive du secteur agricole vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement s’accompagne d’un développement parallèle de la distribution de denrées naturelles, de produits diététiques et d’initiatives relevant du commerce équitable. Cette transformation, encore discrète mais de plus en plus visible, reflète une prise de conscience collective autour des enjeux de consommation responsable. Promouvoir des habitudes d’achat durables constitue aujourd’hui une priorité partagée par l’ensemble des acteurs engagés dans ce nouvel écosystème. Désormais, les grandes surfaces intègrent des espaces dédiés aux produits biologiques, tandis que des points de vente spécialisés, souvent portés par des projets solidaires, émergent pour soutenir une économie plus éthique et tournée vers un avenir durable.

Les produits bio tunisiens à l’honneur à In-Cosmetics 2025

La Tunisie renforce sa présence sur la scène internationale de la cosmétique en participant à l’édition 2025 du salon In-Cosmetics Global, qui se déroule de 8 au 10 avril à Amsterdam. Cet événement de référence, réunissant plus de 900 exposants issus de 50 pays, met cette année l’accent sur l’innovation responsable, la traçabilité des ingrédients et l’écoresponsabilité dans la formulation des produits de beauté.

Dans ce contexte, les entreprises tunisiennes saisissent cette opportunité pour exposer un éventail de solutions issues de leur patrimoine végétal. Des huiles précieuses, telles que celles extraites de pépins de figue de barbarie ou de noyaux de dattes aux extraits marins et plantes aromatiques locales, en passant par des huiles essentielles rares comme le myrte, le néroli ou encore le thym, l’offre tunisienne séduit par son authenticité et son ancrage dans un savoir-faire ancestral.

Ce rendez-vous constitue un levier stratégique pour les marques tunisiennes désireuses de consolider leurs réseaux internationaux, d’ouvrir de nouveaux marchés et de mettre en lumière l’excellence de leurs produits. Il marque également l’affirmation de la Tunisie comme un partenaire crédible dans la chaîne de valeur mondiale de la cosmétique naturelle.

Dans un environnement où la demande évolue vers des formulations plus transparentes et des pratiques durables, les acteurs tunisiens répondent aux standards croissants du secteur en valorisant l’innovation verte et l’éthique de production. Ils participent ainsi activement à redéfinir les codes de l’industrie, en phase avec les aspirations des consommateurs modernes et les grandes tendances internationales de la beauté.

Les nouvelles tendances des franchises en Tunisie

La neuvième édition du Baromètre de la Franchise 2025 dresse un panorama approfondi des réseaux nationaux et internationaux opérant en Tunisie, tout en décryptant les tendances actuelles et l’évolution du secteur depuis la création de cet indicateur il y a neuf ans.

Entre 2016 et 2025, le marché tunisien de la franchise a affiché une progression annuelle moyenne de 15%. L’intérêt des entrepreneurs s’oriente de manière croissante vers les enseignes locales, au détriment des marques étrangères. Les acteurs tunisiens, mieux adaptés aux spécificités du marché national, offrent des conditions d’accès plus compétitives et des stratégies commerciales mieux ciblées, leur conférant un net avantage concurrentiel.

Ce mouvement en faveur des franchises tunisiennes s’est particulièrement accentué au cours des six dernières années. Selon le Baromètre2025, huit implantations sur 10 privilégient désormais les enseignes nationales, soulignant ainsi un attachement fort à l’expertise locale.

L’étude met également en lumière les secteurs les plus prisés par les franchisés. Trois domaines se distinguent nettement. En tête, le marketing et l’image de marque captent 37% des préférences, grâce à la reconnaissance immédiate qu’ils offrent et à la solidité des modèle économiques transmis, limitant ainsi les risques et optimisant les performances par l’effet de réseau et le soutien des franchiseurs. L’innovation et la dynamique commerciale connaissent également une montée en puissance significative, passant de 10,9% en 2023à 18,7% en 2025, illustrant l’attrait croissant pour des concepts avant-gardistes.

Parallèlement, d’autres filières enregistrent une forte croissance : L’habillement, la pâtisserie et les glaciers affichent une vitalité remarquable, tandis que de nouvelles professions émergent, telles que les agences immobilières, les ateliers de réparation automobile et les sociétés de services.

Toutefois, des défis subsistent. L’étude que 85% des futurs franchisés peinent à évaluer le montant de l’investissement initial, soulignant une forte demande pour davantage de transparence. En outre, l’accès difficile au financement demeure un frein majeur au développement du secteur.

L’économie tunisienne à la croisée des chemins

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 0,6% au premier semestre 2024, marquant une légère amélioration par rapport à l’année précédente. Si ces chiffres demeurent modestes, ils témoignent d’une stabilisation progressive après une décennie de croissance ralentie.

Le rapport met en évidence plusieurs facteurs positifs : une amélioration du solde extérieur, soutenue par une baisse des importations d’énergie et une hausse des exportations d’huile d’olive, ainsi qu’une atténuation de l’inflation. Le secteur des énergies renouvelables se distingue par sa dynamique, avec des investissements soutenus et la mise en œuvre d’un ambitieux programme de développement.

Toutefois, des défis subsistent. Si le secteur agricole montre des signes de reprise, d’autres secteurs clés, tels que le pétrole, le gaz, l’habillement et la construction, peinent à retrouver leur vigueur. De plus, la croissance reste fragile et dépend en grande partie de l’évolution de la conjoncture internationale.

Un système fiscal à réformer

La seconde partie du rapport est consacrée au système fiscal tunisien. Les auteurs soulignent la nécessité d’une réforme en profondeur pour promouvoir une croissance plus équitable et durable. Une charge fiscale excessive sur le travail, couplée à une faible pression fiscale sur le capital, encourage l’économie informelle et pèse sur la création d’emplois.

Pour remédier à cette situation, le rapport préconise un rééquilibrage de la structure fiscale, avec notamment une augmentation de la taxation des revenus du capital et une réduction de la pression sur le travail. Une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques est également essentielle pour renforcer la confiance des investisseurs et améliorer l’efficacité de l’action publique.

Perspectives d’avenir

Si les perspectives économiques de la Tunisie s’améliorent progressivement, la réalisation d’une croissance durable et inclusive nécessitera une action résolue des pouvoirs publics. Des réformes structurelles ambitieuses, notamment dans les domaines de la fiscalité, de l’investissement et de la gouvernance, sont indispensables pour créer un environnement économique plus favorable.

Dropshipping : Avantages et Inconvénients pour les Entrepreneurs Débutants

Les acteurs du commerce se répartissent en trois grandes catégories : les fabricants, les grossistes et les détaillants. Les fabricants produisent les biens et les vendent en gros aux grossistes, cherchant à écouler de grandes quantités d’un coup. Les grossistes, quant à eux, achètent ces lots à divers fabricants pour les revendre aux détaillants, en y ajoutant une marge. Les détaillants, dernier maillon de la chaîne, vendent ces produits directement aux consommateurs, généralement en petites quantités. Ces professionnels peuvent être indépendants ou faire partie de grandes enseignes disposant de multiples points de vente, et dans le modèle classique, les détaillants achètent en gros pour revendre à l’unité, après application de leur propre marge.

Avec l’essor d’Internet, tout individu ou entité, qu’il s’agisse d’un particulier, d’un artisan, d’un entrepreneur, ou d’une grande entreprise, peut devenir vendeur en ligne. En Dropshipping, le terme « vendeur » désigne une personne qui propose à ses clients des produits fabriqués et expédiés par un tiers.

Ce vendeur sélectionne les articles qu’il souhaite commercialiser, fixe les prix et perçoit les paiements. Il doit également être au fait des règlementations en vigueur dans les pays où il opère et s’assurer du paiement des taxes applicables. Bien qu’il ne gère ni le stockage, ni l’emballage, ni la livraison des produits, il est tenu responsable de ceux qu’il vend et est considéré comme le vendeur officiel par ses clients.

Appelé également dropshipper, il collabore directement avec des grossistes, fabricants ou détaillants disposés à expédier les produits directement aux clients en son nom. Ainsi les préoccupations liées aux achats, aux livraisons et au stockage des produits sont éliminées.

Les avantages du dropshipping

Le dropshipping offre de nombreux atouts en e-commerce. Avec une faible mise de départ, l’absence de stock réduit les risques financiers et simplifie la gestion, accessible depuis un simple ordinateur. Les coûts initiaux se limitent principalement à la création du site et à la publicité, permettant de proposer des prix compétitifs. La logistique, incluant emballage et expédition, est entièrement prise en charge par le fournisseur, facilitant l’expansion rapide de l’activité. Vous pouvez vous concentrer sur la promotion et le service client, tout en testant facilement de nouveaux marchés et produits grâce un catalogue flexible sans contrainte de stock.

Les inconvénients

Malgré ses nombreux atouts, le dropshipping présente aussi quelques inconvénients non négligeables. La concurrence y est particulièrement intense, car la simplicité du modèle attire un grand nombre d’entrepreneurs, souvent avec des catalogues similaires. Pour se démarquer, il faut miser sur l’originalité de votre marque et sur des prix attractifs.

Vous êtes également fortement dépendant de vos fournisseurs, avec le risque de ruptures de stock ou de modifications de leur offre. Un partenaire peut cesser de collaborer ou retirer un produit clé, mettant ainsi votre activité en péril.

De plus, vous n’avez aucun contrôle direct sur la quantité des produits ni sur les délais de livraison. Une fois la commande passée, il n’y a aucune garantie que les articles seront expédiés comme prévu, ce qui complique la gestion des réclamations clients. Chaque fournisseur ayant ses propres politiques de livraison et de retour, cela peut également complexifier le service après-vente.

L’impact des femmes tunisiennes dans, le développement de l’entrepreneuriat durable

En Tunisie, l’entrepreneuriat féminin connaît un essor notable, soutenu par des initiatives étatiques et des actions de la société civile, dans un contexte où l’autonomisation des femmes s’affirme comme une priorité nationale visant à renforcer leur contribution économique et à favoriser l’égalité des sexes. Malgré les défis structurels, les Tunisiennes s’imposent comme des moteurs essentiels du développement, apportant innovation et richesse à l’écosystème entrepreneurial.

La Tunisie parie sur l’émancipation économique des femmes

Dans le cadre de la Journée nationale de la femme tunisienne, célébrée chaque 13 août, le ministère a annoncé que le programme national RAIDET, dédié à la promotion de l’entrepreneuriat féminin, a permis la création de 4 911 projets, générant plus de 7 000 emplois directs pour une valeur dépassant 47 millions de dinars. Le ministère a également affirmé son engagement à soutenir les droits économiques, sociaux et culturels des femmes, tout en œuvrant pour l’égalité des chances. Une stratégie nationale pour l’entrepreneuriat féminin à l’horizon 2035 est en cours de préparation, visant à sensibiliser à l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge.

En parallèle, plusieurs programmes renforçant l’autonomisation économique des familles ont été mis en œuvre, contribuant ainsi à la stabilité sociale. Entre août 23 et août 2024, 1727 familles ont bénéficié de ces initiatives, dont 1180 issues du programme pour les familles en situation particulière, 327 travailleuses agricoles dans les régions pilotes de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan, ainsi que 127 mères d’élèves en risque de décrochage scolaire, sauvant ainsi 500 élèves. Ces efforts illustrent l’engagement du ministère à consolider le rôle des femmes et des familles dans le développement socio-économique du pays.

Les obstacles

Les femmes entrepreneures en Tunisie font face à des obstacles, notamment l’accès limité au financement, souvent entravé par des conditions de prêt peu favorables et des refus fréquents. Contraintes de s’appuyer sur leurs économies ou leur entourage, leur potentiel de croissance en est considérablement réduit. Par ailleurs, le manque de réseaux d’affaires restreint leur accès à des opportunités et informations essentielles pour développer leurs activités.

S’ajoutent à ces obstacles les responsabilités domestiques, que de nombreuses femmes continuent d’assumer de manière disproportionnée, rendant difficile l’équilibre entre vie professionnelle et obligations familiales. Ces contraintes cumulées freinent leur progression et limitent leur contribution à l’économie nationale.

Les perspectives

La promotion de l’entrepreneuriat féminin en Tunisie va bien au-delà de la simple création d’entreprises. Elle cherche à changer les mentalités et à instaurer une culture d’égalité dans la société. Des initiatives telles que Women Go Green incarnent cette vision en soutenant les entrepreneures des régions marginalisées.

L’intégration des femmes dans la sphère économique vise à bâtir un avenir où elles peuvent pleinement exploiter leur potentiel entrepreneurial. Cet engagement en faveur de leur autonomisation ne profite pas seulement aux femmes, mais aussi à la société dans son ensemble. En instaurant un cadre propice à l’égalité et à l’innovation, la Tunisie affirme sa place en tant que modèle régional pour l’égalité des sexes et le développement durable.

La croissance économique tunisienne en 2024

 

En 2024, la Banque mondiale, dans son récent rapport intitulé « Equité et efficience du système fiscal tunisien », a présenté une analyse détaillée de l’économie tunisienne, marquée par une croissance modeste de 0,6% au cours du premier semestre de l’année 2024. Bien que cette progression reflète une légère amélioration par rapport à 2023, des défis structurels persistent, notamment dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, la construction et l’habillement, malgré des signaux positifs du côté de l’agriculture.

Les énergies renouvelables émergent comme un levier prometteur pour le développement économique du pays. Un vaste programme a été lancé, visant à construire 500 mégawatts de capacités solaires dans des régions telles que Tozeur, Kairouan et Sidi Bouzid. Le gouvernement ambitionne également d’augmenter cette capacité de 1700 mégawatts supplémentaires d’ici 2026. Ce projet permettra de porter la contribution des énergies renouvelables à 17% du mix énergétique national, tout en réduisant significativement les importations de gaz naturel, représentant jusqu’à 30% des importations de 2023.

Un autre élément notable est la réduction du déficit commercial, qui a chuté à 7,8% du PIB au cours des neuf premiers mois de 2024, contre 8,8% en 2023. Cette amélioration est attribuée à plusieurs facteurs, notamment la baisse des coûts d’importation énergétique, la hausse des exportations d’huile d’olive et la reprise notable du secteur touristique. Parallèlement, l’inflation globale a atteint son niveau le plus bas depuis janvier 2022, s’établissement à 6,7% en septembre 2024, tandis que l’inflation alimentaire s’est stabilisée à 9,2%.

En revanche, la structure du financement de l’économie montre une dépendance accrue aux sources internes. La dette intérieure a bondi à 51,7% de la dette publique totale en août 2024, contre 29,7% en 2019. Si cette évolution permet de réduire la dépendance extérieure, elle pose des défis pour la stabilité économique globale, notamment en limitant les ressources disponibles pour le secteur privé et en exerçant une pression sur la monnaie et les prix.

En matière de fiscalité, le rapport met en lumière l’importance d’une réforme visant à alléger la charge fiscale sur le travail et à équilibrer celle appliquée au capital. Actuellement, les fortes contributions sociales et impôts sur les bas revenus freinent l’embauche, encouragent l’informalité et limitent la croissance des salaires. Pour renforcer l’équité et l’efficacité du système fiscal, le rapport recommande des mesures comme une transparence accrue, le rééquilibrage de la structure fiscale et une taxation plus ambitieuse du carbone. Les récentes initiatives, telles que l’instauration d’une taxe foncière annuelle et l’augmentation des taxes sur les carbures, sont saluées comme des avancées significatives, mais des ajustements supplémentaires demeurent nécessaires.

Enfin, le rapport souligne que la Tunisie, après une décennie de faible croissance marquée par des niveaux modestes d’épargne et d’investissement, doit impérativement accélérer ses efforts pour renforcer la compétitivité de son économie. Les investissements, notamment dans des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables, sont essentiels pour instaurer un modèle de croissance durable et plus inclusif.

L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi

 

 

L’intelligence artificielle (IA) suscite à la fois fascination et appréhension, notamment en raison de sa capacité à automatiser de nombreuses tâches avec une efficacité accrue. Il s’agit d’une technologie souvent perçue comme une menace pour l’emploi, pouvant soit le réduire drastiquement, soit en limiter l’accessibilité. Néanmoins, les véritables impacts de l’IA sur le travail ne résident pas tant dans ses avancées technologiques que dans la manière dont elle sera intégrée aux organisations, et les gains de productivité qu’elle permettra d’atteindre. Les transformations ne sont pas jamais inéluctables : elles résultent de choix stratégiques et des décisions prises par les dirigeants, qu’ils opèrent dans des contextes précis-économiques, technologiques ou démographiques. Ce sont ces facteurs combinés qui façonneront les implications de l’IA sur le travail, qu’il s’agisse des pratiques professionnelles, des contenus d’activité, des compétences requises, ou encore des dynamiques entre collègues, partenaires ou usagers.

L’impact de l’IA sur l’emploi et l’économie

L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, qu’il s’agisse de supprimer des postes existants ou d’en générer de nouveaux, est à la fois complexe et diversifié.

La peur de voir des métiers disparaître au profit des machines n’est pas une nouveauté. Depuis des siècles, chaque avancée technologique a suscité des inquiétudes quant aux bouleversements qu’elle pourrait entraîner dans les modes de vie et les activités humaines. Pourtant, comme le moteur à vapeur, l’électricité ou encore Internet, toute innovation apportant de la valeur a également le potentiel d’enrichi la société de manière significative.

L’IA et la robotique, en particulier, exercent une pression transformative sur les métiers impliquant des tâches répétitives. Elles redéfinissent non seulement la nature du travail, mais aussi le cadre dans lequel il s’exerce, les machines étant capables d’accomplir un nombre croissant de fonctions, y compris certaines que l’humain ne peut pas maîtriser.

D’après de nombreuses analyses, cette révolution technologique pourrait engendrer des avancées majeures en matière de productivité, de santé et d’éducation.

Les emplois les plus menacés

Selon l’institut Sapiens, de nombreux métiers figurent parmi ceux particulièrement vulnérables face à l’automatisation et à l’essor de l’intelligence artificielle.

Les secteurs bancaires et des assurances, les professionnels de la comptabilité, les opérateurs de centres d’appels, les traducteurs et même les journalistes se trouvent en première ligne des professions menacées. Ces domaines ont déjà enregistré une réduction notable de leurs effectifs en raison de l’automatisation croissante. L’institut anticipe même la disparition complète de certaines de ces professions d’ici 2050, voire plus tôt.

Les tâches répétitives et standardisées qui caractérisent ces métiers sont les premières à être remplacées par des machines. A l’inverse, les compétences reposant sur la créativité, l’intelligence émotionnelle ou la capacité d’adaptation demeurent des remparts solides face à l’automatisation.

Les consultants en stratégie numérique, psychologique, designers, spécialistes du marketing et chercheurs illustrent parfaitement les professions où l’intervention humaine reste indispensable. Ces rôles requièrent une pensée originale, une perception intuitive et la souplesse nécessaire pour gérer  des situations complexes et imprévisibles.

L’apport stratégique des PME à la croissance économique et à la stimulation de l’emploi en Tunisie

Portrait of confident businesspeople standing outside office building

Un aperçu de la situation économique actuelle

Au premier semestre 2024, l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 0,6%, marquant une avancée modérée par rapport à l’année précédente, d’après le dernier rapport de la Banque mondiale sur la conjoncture économique. Certains indicateurs montrent une dynamique favorable, notamment une amélioration du compte extérieur et une décélération de l’inflation. Tandis que le secteur agricole amorce une reprise notable, des industries stratégiques telles que les hydrocarbures, le textile et le secteur du bâtiment continuent de faire face à des difficultés structurelles.

Les PME sont des piliers essentiels du dynamisme économique

Les petites et moyennes entreprises, véritables catalyseurs de l’activité économique, occupent une place centrale dans le développement des territoires. Ces entités privées, souvent caractérisées par leur taille réduite, se distinguent comme des moteurs clés de l’emploi et de l’innovation. En générant de nouvelles opportunités professionnelles, en favorisant une saine concurrence et en améliorant l’efficacité des marchés, elles contribuent à façonner un écosystème économique dynamique.

Par ailleurs, leur capacité à répondre avec agilité aux besoins spécifiques des communautés locales les place au cœur du tissu économique régional. Elles enrichissent également la diversité des marchés en introduisant des produits et services inédits, tout en soutenant l’émergence de nouveaux secteurs d’activité.

Ainsi, les PME s’imposent comme des acteurs stratégiques pour stimuler la compétitivité et l’innovation à grande échelle. Leur soutien par les institutions publiques demeure une condition indispensable à la pérennité et à la prospérité d’une croissance économique inclusive et durable.

Les PME, catalyseurs de progrès et de vitalité sur le marché du travail

Conscient de l’impact déterminant des PME sur le développement économique, le Groupe de la Banque mondiale a instauré un département dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat au sein de son pôle mondial d’expertise en commerce et compétitivité. Ce service se concentre sur le renforcement des capacités des entreprises prometteuses évoluant dans des secteurs à forte croissance, tels que l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication ou encore les technologies écologiques.

Par ailleurs, un réseau international d’incubateurs a été créé dans des domaines clés comme la lutte contre le changement climatique, l’agroalimentaire et le numérique. Ce dispositif soutient les entrepreneurs à chaque étape de leurs parcours en leur fournissant des financements de démarrage, des formations spécialisées et des informations stratégiques sur les marchés. En permettant aux entreprises innovantes de concrétiser et de développer leurs projets, l’objectif est de stimuler la croissance économique et de favoriser la création d’emplois.

Scroll To Top