Selon les dernières prévisions publiées en avril, la croissance de la Tunisie devrait rester limitée en 2026, autour d’un rythme modéré, dans un contexte encore fragile. Cette évolution dépend largement d’un retour au calme sur les marchés énergétiques mondiaux et de l’absence de nouvelles tensions géopolitiques. Toutefois, l’économie demeure fortement exposée aux variations des prix du pétrole, en raison de sa dépendance aux importations d’énergie et de marges budgétaires restreintes. Une hausse durable des coûts énergétiques pourrait alourdir les charges de production, accentuer le déséquilibre commercial et freiner la consommation, ce qui risquerait de ralentir davantage l’activité économique.
Des pressions énergétiques qui fragilisent les équilibres
La stabilisation des prix des carburants sur le marché local constitue une mesure de protection immédiate pour les ménages face aux fluctuations internationales. Néanmoins, ce choix pèse lourdement sur les finances publiques, en raison de l’augmentation des charges liées au soutien étatique. A terme, cette situation pourrait accentuer le déséquilibre budgétaire, avec un impact estimé à près de 0,5 point du PIB.
Dans le même temps, la forte dépendance aux approvisionnements extérieurs en énergie continue de fragiliser les équilibres économiques. Toute hausse durable des cours mondiaux risque d’alourdir la facture des importations, d’exercer une pression supplémentaire sur les réserves en devises et d’affaiblir la valeur de la monnaie nationale.
Par ailleurs, bien que le rythme de hausse des prix ait récemment ralenti, cet équilibre demeure précaire. Une augmentation prolongée des couts énergétiques pourrait entraîner une reprise des tensions inflationnistes, notamment à travers le renchérissement du transport et des biens importés. Une telle évolution réduirait le pouvoir d’achat des ménages et compliquerait davantage la gestion des politiques économiques.
Un ralentissement marqué dans la région MENA
Les perspectives économiques pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord se dégradent nettement, sous l’effet des tensions géopolitiques persistantes. La croissance attendue pour 2026 a été fortement révisée à la baisse, pour s’établir à un rythme très limité, en raison des perturbations qui touchent la production et l’exportation d’hydrocarbures. Plusieurs pays dépendants de ces ressources subissent de plein fouet les conséquences du conflit, surtout à travers des installations endommagées et des routes commerciales partiellement bloquées.
Cette situation pèse lourdement sur l’activité économique régionale, déjà fragilise par l’incertitude. Toutefois, une amélioration reste envisageable si les conditions de production et de transport retrouvent progressivement leur stabilité. Dans ce cas, une reprise modérée pourrait se dessiner dès l’année suivante. En attendant, certains pays connaissent une contraction importante de leur économie, illustrant l’ampleur des effets de cette crise sur l’ensemble de la région.