Moncef Mzabi

La situation économique tunisienne pour l’année 2025

Au début de l’année 2025, la Tunisie a su maintenir le cap malgré un environnement mondial incertain et des pressions économiques persistantes. Les premiers mois de l’exercice témoignent d’une économie qui résiste, portée par des signes encourageants : un rythme de croissance en amélioration, une inflation en repli et une appréciation de la notation souveraine, comme le souligne le rapport du ministère des finances sur le budget 2026. Ces résultats traduisent la capacité du pays à s’adapter et à préserver une certaine stabilité dans un contexte encore fragile. Toutefois, cette dynamique appelle à un engagement renouvelé pour soutenir les filières en perte de vitesse et stimuler un développement plis inclusif, apte à consolider les progrès déjà accomplis et à poser les bases d’une croissance durable.

La croissance économique     

La Tunisie en 2025 a connu une reprise mesurée, marquée par une progression de 2,4% de son activité économique. Les estimations des comptes nationaux indiquent qu’entre avril et juin, le PIB réel a progressé de 3,2% sur un an et de 1,8% par rapport au trimestre précédent, traduisant une accélération du rythme de croissance. Ce redressement s’appuie principalement sur la vitalité du secteur agricole, dont la valeur ajoutée a fortement augmenté, contribuant de manière décisive à la performance globale. Les services ont également conservé une dynamique stable, confirmant leur rôle d’amortisseur dans la conjoncture actuelle. Parallèlement, l’industrie affiche une amélioration appréciable, soutenue par la relance progressive de plusieurs branches productives. Ensemble, ces évolutions mettent en évidence une économie en phase de consolidation, où la reprise demeure encore fragile mais orientée vers un renforcement graduel de bases de croissance.

Le déficit budgétaire

Les estimations pour 2025 font ressortir un déficit budgétaire équivalant à 5,7% du PIB, dans un cadre marqué par la maîtrise des dépenses publiques et une évolution modérée des recettes fiscales. Les efforts engagés pour contenir la masse salariale et rationaliser les subventions devraient porter leurs fruits au cours des prochaines années. D’ici 2027, le solde des finances de l’Etat pourrait ainsi s’améliorer pour s’établir autour de 4,4% du PIB, traduisant une gestion plus efficiente des ressources publiques. L’endettement national amorcerait également une légère décrue, atteignant environ 83,6% du PIB, contre 84,5% en 2024, signalant une orientation budgétaire plus soutenable. Sur le plan extérieur, le compte courant enregistrait un déficit de 2,7% du PIB en 2025, conséquence d’un accroissement des importations, partiellement compensé par la vigueur du tourisme et la baisse des prix énergétiques. A l’horizon 2027, ce déséquilibre pourrait s’étendre modérément, avoisinant 3,1% reflet d’un ajustement encore progressif des équilibres externes.

Les perspectives économiques

Les perspectives économiques pour la période 2026-2027 demeurent entourées d’incertitudes, plusieurs facteurs pouvant peser sur la trajectoire de la croissance. A court terme, la volatilité du commerce mondial, la contrainte des financements extérieurs et la persistance de la sécheresse risquent d’affaiblir les performances économiques et d’accentuer les déséquilibres internes. A plus long terme, une amélioration tangible reste toutefois envisageable si ces réformes structurelles ambitieuses sont engagées. Le renforcement de la discipline budgétaire, la modernisation des entreprises publiques et la dynamisation de la concurrence sur les marchés locaux constituent des conditions essentielles pour consolider la stabilité macroéconomique, stimuler l’investissement et soutenir une croissance plus solide et durable.

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