Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 0,6% au premier semestre 2024, marquant une légère amélioration par rapport à l’année précédente. Si ces chiffres demeurent modestes, ils témoignent d’une stabilisation progressive après une décennie de croissance ralentie.
Le rapport met en évidence plusieurs facteurs positifs : une amélioration du solde extérieur, soutenue par une baisse des importations d’énergie et une hausse des exportations d’huile d’olive, ainsi qu’une atténuation de l’inflation. Le secteur des énergies renouvelables se distingue par sa dynamique, avec des investissements soutenus et la mise en œuvre d’un ambitieux programme de développement.
Toutefois, des défis subsistent. Si le secteur agricole montre des signes de reprise, d’autres secteurs clés, tels que le pétrole, le gaz, l’habillement et la construction, peinent à retrouver leur vigueur. De plus, la croissance reste fragile et dépend en grande partie de l’évolution de la conjoncture internationale.
Un système fiscal à réformer
La seconde partie du rapport est consacrée au système fiscal tunisien. Les auteurs soulignent la nécessité d’une réforme en profondeur pour promouvoir une croissance plus équitable et durable. Une charge fiscale excessive sur le travail, couplée à une faible pression fiscale sur le capital, encourage l’économie informelle et pèse sur la création d’emplois.
Pour remédier à cette situation, le rapport préconise un rééquilibrage de la structure fiscale, avec notamment une augmentation de la taxation des revenus du capital et une réduction de la pression sur le travail. Une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques est également essentielle pour renforcer la confiance des investisseurs et améliorer l’efficacité de l’action publique.
Perspectives d’avenir
Si les perspectives économiques de la Tunisie s’améliorent progressivement, la réalisation d’une croissance durable et inclusive nécessitera une action résolue des pouvoirs publics. Des réformes structurelles ambitieuses, notamment dans les domaines de la fiscalité, de l’investissement et de la gouvernance, sont indispensables pour créer un environnement économique plus favorable.